Pourquoi recycler un ancien PC en serveur ?
Plutôt que de laisser mon ancien PC gamer prendre la poussière ou de le revendre sans réel intérêt, j’ai choisi de le recycler en hyperviseur afin d’héberger plusieurs usages bien distincts à la maison.
L’objectif n’était pas de construire une infrastructure « professionnelle » ou sur-dimensionnée, mais quelque chose de :
- stable
- compréhensible
- maintenable dans le temps
- parfaitement adapté à mes usages réels
Le choix s’est porté sur Proxmox VE, installé directement sur le matériel (bare metal).
Le matériel utilisé
Le PC de départ est mon ancien PC gamer, aujourd’hui largement surdimensionné pour un usage serveur, ce qui apporte un vrai confort en virtualisation.
Configuration matérielle :
- CPU : Intel Core i7-8700K (6 cœurs / 12 threads – 3,7 GHz)
- Carte mère : Asus ROG Maximus X Hero
- RAM : 32 Go DDR4 Corsair Vengeance RGB RT (2×16 Go – 3600 MHz – CAS 16)
- Alimentation : Corsair RM850i – 850 W
- Refroidissement CPU : Corsair iCUE Link H170i RGB
- Carte graphique : Gigabyte GeForce GTX 1080 Ti
→ utilisée uniquement lors de l’installation, puis retirée - Stockage :
- SSD NVMe Samsung 970 EVO Plus – 1 To (Proxmox + VMs)
- HDD Seagate BarraCuda – 4 To (dédié exclusivement à TrueNAS)
Une fois Proxmox installé, le serveur fonctionne sans carte graphique, administré uniquement via l’interface web, ce serveur tournant 24/24, cela permet d’économiser 40/50 W (j’ai aussi retoucher certains parametres dans le BIOS pour réduire la consommation).
Installation de Proxmox et principes retenus
L’installation de Proxmox VE est restée volontairement simple :
- installation bare metal sur le SSD NVMe
- configuration réseau basique
- un seul nœud (pas de cluster)
- pas de GPU passthrough
Dès le départ, quelques règles ont été fixées :
- 1 usage = 1 VM
- aucune VM « fourre-tout »
- isolation maximale entre services
- simplicité avant sophistication
Les 5 machines virtuelles en place
1️⃣ VM BitTorrent
- Client : qBittorrent
- Accès via Web UI en local
- VM dédiée exclusivement aux téléchargements
Cette VM n’héberge aucun autre service, ce qui évite tout impact sur le reste de l’infrastructure en cas de forte activité réseau ou disque.
2️⃣ VM Zorin OS
- OS : Zorin OS
- VM desktop Linux
- Accès en bureau distant depuis Windows 11
Utilisation :
- découverte de Zorin
- tests
- usages graphiques ponctuels
Il ne s’agit volontairement pas d’une VM serveur, mais d’un environnement utilisateur isolé.
3️⃣ VM Minecraft
- Serveur Minecraft
- Administration via Crafty
- VM dédiée exclusivement au jeu
Les ressources sont maîtrisées, la VM peut être arrêtée ou redémarrée sans impacter les autres services.
Les sauvegardes du serveur sont externalisées vers TrueNAS.
4️⃣ VM TrueNAS
- OS : TrueNAS
- Rôle : stockage secondaire
- HDD 4 To entièrement dédié à cette VM
Utilisations :
- sauvegardes du serveur Minecraft
- sauvegardes du poste Windows 11
TrueNAS n’est pas utilisé comme stockage principal de Proxmox, mais uniquement comme espace de sauvegarde isolé interne aux VMs hébergées par proxmox.
5️⃣ VM Zabbix
- Supervision via Zabbix
- Surveille :
- l’hyperviseur Proxmox
- toutes les VMs locales (y compris sa propre VM)
- un serveur distant externe
Zabbix est lui-même hébergé dans une VM Proxmox : il n’existe donc aucun niveau de supervision “au-dessus” de l’hyperviseur.
Schéma d’architecture

Le schéma illustre un hyperviseur Proxmox unique hébergeant 5 VMs indépendantes, avec Zabbix assurant la supervision globale et TrueNAS dédié exclusivement aux sauvegardes.
Ce que cette architecture apporte au quotidien
Avec le recul, cette architecture apporte plusieurs avantages concrets :
- isolation totale des usages
- aucune VM critique « fourre-tout »
- maintenance facilitée
- possibilité d’arrêter une VM sans effet de bord
- supervision centralisée et lisible
Le mélange de VMs très différentes (desktop, jeu, NAS, supervision, téléchargement) montre tout l’intérêt de la virtualisation, même à domicile.
Conclusion : un choix assumé sur le long terme
Transformer un ancien PC gamer en hyperviseur Proxmox s’est révélé être un choix cohérent et durable.
L’objectif n’a jamais été de construire une infrastructure complexe ou “à la mode”, mais quelque chose de compréhensible, maintenable et maîtrisé.
Le fait d’avoir des usages très différents, strictement isolés dans des VMs dédiées, apporte une grande souplesse au quotidien.
Chaque VM peut évoluer indépendamment, sans remettre en cause l’ensemble.
La supervision centralisée via Zabbix — y compris d’un serveur distant — permet de garder une visibilité globale sans dépendre d’outils externes.
Enfin, le recyclage de matériel existant montre qu’il n’est pas nécessaire d’investir dans du matériel dédié pour obtenir une infrastructure fiable.
Avec des choix simples, documentés et assumés, on obtient un système qui tient dans le temps — et surtout, que l’on comprend entièrement.